Jeudi 28 Août
20:31

Techniciens supérieurs : Denrée rare sur le marché du travail

Le marché du travail souffre énormément d'un manque d'ouvriers qualifiés. Et le bât blesse surtout au niveau du palier intermédiaire, celui des diplômés titulaires des Cap, Bep et Bts.



Source : le quotidien

Des ouvriers diplômés du Certificat d'aptitude professionnelle (Cap), Brevet d'étude professionnel (Bep) et de Brevet technique supérieur (Bts) demeurent une denrée rare sur le marché du travail. C'est du moins un constat du patronat national et dont il a été fait état auprès du Fonds de développement de l'enseignement technique et de la formation professionnelle (Fondef).

«Les organisations patronales ont constaté que généralement, dans nos pays, on a des universitaires et des gens de très bas niveaux comme ouvriers. Mais le niveau intermédiaire, c'est-à-dire un ouvrier qui sait serrer une vis d'un bateau par exemple, manque», a déclaré hier mercredi, Mme Fatoumata Koné Traoré, administrateur du Fondef, en marge de la première assemblée générale ordinaire du Réseau africain des institutions et fonds de financement de la formation professionnelle (Rafpro), qui se tient à Dakar.

Préoccupé par cette situation, le patronat avait recommandé à l'Etat d'orienter une réforme au niveau de la formation professionnelle afin de combler ce gap. L'un des outils de cette réforme reste le Fondef qui a fait des niveaux de formation en Cap, Bep, Bts, une priorité dans le cadre de la formation continue. Pour la prise en charge de cette question, le Fondef travaille en étroite collaboration avec l'Office national de formation professionnelle (Onfp), créé il y a une vingtaine d'années. «L'Etat du Sénégal a estimé que l'Onfp n'a pas assez de moyens pour prendre en charge tous les besoins de formation au Sénégal», a indiqué Mme Traoré.

Au-delà de la demande des entreprises, le Fondef entend aller vers une satisfaction de la demande sectorielle comme le secteur de l'hôtellerie, l'agroalimentaire entre autres. Pour preuve, Fatoumata Koné explique : «Le Fondef a eu à travailler avec l'Anoci pour la formation de plus de 400 personnes pour l'organisation du sommet. Et des formations concernant les filières portuaires et du bâtiment entre autres, sont envisagées.» Cette croissance des besoins nécessiterait une mobilisation de ressources. A ce propos, l'administrateur du Fondef a déclaré que «le ministre de l'Enseignement technique a pris l'engagement de négocier la contribution forfaitaire à la charge de l'employeur, parallèlement à la négociation qui est en train de se faire avec les partenaires sociaux». Jusqu'ici, l'Etat n'octroie aux Fondef et à l'Onfp que 5% de cette contribution, qui est logée au Trésor public. Maintenant, ces organisations veulent que le niveau de ce financement soit augmenté du fait de l'augmentation des besoins en formation au Sénégal.

«Nous sommes en train de travailler avec le ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle et le ministère de l'Economie et des Finances pour amener l'Etat à augmenter le budget de nos organisations et accompagner le dispositif de formation continue qui a été mis en place par la libération progressive de cette taxe qui a été consacrée à la formation», laisse entendre le directeur général de l'Onfp, Momar Guèye.


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