SPECIAL MAGAL 2008 : Entre la Foi et le Business

Pour les besoins de ce «Spécial Magal 2008», je me suis déplacé à Touba pour une visite de repérage. C'était un certain vendredi 29 décembre 2007. J'ai assisté à la prière du vendredi à la Grande Mosquée qui avait refusé du monde ce jour là. Un monde discipliné qui, apparemment, n'avait pas encore eu écho d'une quelconque bonne ou triste nouvelle. La prière terminée, ce sont les ziarras. Vite fait et bien fait, je me retrouve à la résidence de Serigne Saliou Mbacké. Toutes les portes qui menaient auprès du Saint Homme étaient fermées. Mais on ne doutait de rien. La foule était là attendant que le Saint Homme, comme à son habitude, ouvre pour le voir et profiter de ses bénédictions. L'attente a été pour moi longue et je suis parti. Mais je ne suis jamais retourné à Dakar car c'est à mi-chemin, à Thiès précisément que j'ai appris la terrible nouvelle. Je devais rebrousser chemin vers 2h du matin. A cette heure précise où la triste nouvelle du rappel à Dieu de l'unique fils de Cheikh Ahmadou Bamba encore vivant, avait fini de se répandre comme une traînée de poudre. La route de Touba, malgré l'heure tardive, était déjà prise d'assaut par les successions de véhicules qui roulaient à vive allure. Au-delà de la tristesse, je n'avais plus le cœur à l'ouvrage. Tout était chamboulé. Je voulais arrêter. Tout. Mais j'étais entre le marteau de la parole donnée et l'enclume des engagements à respecter. Que faire quand on vient de perdre un homme de la dimension de Serigne Saliou ?



J'étais sur le point de dire tout simplement à BDW que je ne suis plus partant pour cette édition. Mais je me suis inspiré des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba et de Serigne Saliou sur le respect de la parole donnée et j'ai changé de décision. Je l'avais promis. Donc, je n'ai pas le droit de ne pas respecter mes engagements. D'autant plus que l'initiative n'est pas mienne mais d'un grand frère et confrère BDW. Une autre source majeure de motivation venait ainsi de lui car il me poussait, en «bon marabout», à me mettre à l'œuvre. J'ai finalement surmonté la douleur pour me consacrer au travail. Oui ce travail sanctificateur et la prière. Une recommandation de Serigne Touba. Comme on dit « Liguèye ak jamou Yalla ». Afin de respecter le rendez-vous avec les lecteurs de REUSSIR, «le magazine du business».
Hommage alors à Serigne Saliou. Le Saint Homme était dans le cœur, la pensée et l'action de tous les mourides. Aussi, fallait-il donner une large place à son «Khelcom», une œuvre qu'il nous a laissée et qui est un modèle de réussite.
Ensuite, les chantiers de Touba qui sont comme un héritage que Serigne Saliou a légué à son successeur. Des chantiers qui à terme, devrait faire de «Touba, une Ville émergente» selon l'argumentation développée par l'expert-comptable Abo Sall. Donc un poids économique qui fait forcément penser à la puissante communauté mouride vivant à l'étranger qui y accumulé une véritable manne financière. D'ailleurs, on peut parler désormais d'une Economie de la Diaspora mouride. Des hommes et femmes convaincus que j'ai rencontrés en couvrant la dernière tournée américaine de Serigne Mame Mor Mbacké dans six Etats des USA. Pour mieux comprendre cette dynamique, nous avons interrogé Cheikh Anta Babou, un spécialiste de la Diaspora Mouride qui enseigne à l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie. Une diaspora qui est en train de poser ses empreintes socioculturelles au pays de l'Oncle Sam.
Retour au Sénégal pour traiter du rôle et de la place de Touba dans le jeu politique national. De cheikh Ahmadou Bamba à l'actuel Khalif Serigne Bara, «l'histoire du Mouridisme s'est toujours écrite avec une parfaite harmonie ou une tension avec le pouvoir temporel, si fort soit-il et à toute époque». On ne peut parler de l'influence du Mouridisme sans ouvrir des perspectives sur des projets comme celui de la banque mouride évoqué par le financier Serigne Saliou Fall, petit-fils de Cheikh Ibra Fall dans son papier sur «la Finance Islamique». C'est pour appuyer les initiatives comme celles développées par feu Serigne Moustapha Bassirou Mbacké, qui fut un très grand opérateur économique à qui son fils Mame Thierno Mbacké, expert comptable, rend un vibrant hommage.
Enfin, pour ce « Spécial Magal 2008», REUSSIR, «le magazine du business», a voulu s'inscrire dans la trajectoire du précédent sur «le Business mouride» réalisé l'année dernière. Bonne lecture et bon Magal.

Dossier coordonné par Habib Mimran MBAYE


Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable


Dans la même rubrique :







Pour recevoir nos infos