La juxtaposition de ces facteurs, conjugués aux effets du retour à la croissance du Sénégal et la réalisation de gros investissements dans beaucoup de secteurs, ont largement boosté la demande de communication. Pour plus de visibilité et de crédibilité des entreprises et institutions, plus de présence et de reconnaissance des produits et services. Bref, plus de notoriété et polir une image de marque.
Du côté de l'offre, c'est également une croissance exponentielle. D'une unique télé d'Etat il n'y a guère, on dénombre aujourd'hui Canal Info, 2STv, Walf Tv, RDV sans compter Africable, une chaîne ouest-africaine. Quant aux journaux et radios, c'est même la saturation. Idem pour les agences de communication qui ont suivi la même tendance. On n'en est plus à l'ère «hégémonique»de McCann, «l'agence historique», qui dominait le marché sénégalais de sa toute-puissance et de son omniprésence. Avec aux commandes, un certain Didier Bangalter, «l'enfant terrible de la pub au Sénégal» qui y faisait la pluie et le beau temps. Finie cette époque-là ! D'ailleurs, Mc Cann a beaucoup perdu de sa superbe. Bangalter l'a quitté et a lancé, avec des partenaires, l'Agence Optima. Des cadres de la boite ont également rompu les amarres et ont suivi l'exemple de leur ancien patron. Dans le même temps, les «Ivoiriens» ont débarqué en force sur le marché et ont commencé à révolutionner les mœurs et coutumes locales. C'est désormais l'ère du pluralisme médiatique, pardon publicitaire.
Pour dire que c'est un marché en pleine mutation et aussi en forte expansion. Pour autant, c'est également un marché de la plus totale opacité. Les chiffres sont communiqués sous le boisseau. Les seuls existants, officiellement, datent de 1999 (disons de la Préhistoire) et font état d'un marché de 8,210 milliards FCFA. Des peanuts comparés à aujourd'hui... Aujourd'hui, la plupart des acteurs interrogés font une estimation qui avoisine les 15 milliards FCFA. Quasiment le double d'il y a une décennie. Une estimation somme toute logique au vu de tout ce qui précède et surtout du dynamisme du marché. Rien que la communication de l'Etat est chiffrée à pas moins de 3 milliards FCFA. Au niveau du Secteur privé, il y a surtout la guerre du mobile entre Orange et Tigo qui continue d'enflammer les budgets publicitaires des uns et des autres. Idem dans l'agroalimentaire avec les multinationales Coca Cola, Nestlé et autres qui se font talonner par des locaux comme Jumbo, Adja, Kirène, Fontaine…
Pour traiter, en profondeur, un sujet aussi large, Marketing et Communication, REUSSIR, «le magazine du business», a encore ressorti la grosse artillerie. Avec une grande enquête au niveau des agences de communication pour savoir qui est qui ? Qui pèse quoi ? Quelles sont les contraintes du secteur ? Ensuite, nos consultants-maison se sont encore «déchaînés» pour produire des contributions de haute facture pour analyser le marché sous toutes ces coutures, ces facettes et ces composantes. De la stratégie d'entreprise à celle du marketing et de la communication en passant par la communication dans les multinationales sans oublier la communication financière, le management des marques… Cerise sur le gâteau, une superbe analyse de la communication gouvernementale pour enfin arriver à la conclusion comme quoi… «le gouvernement de Wade n'a jamais communiqué». Renversant, non ? C'est vous dire que ce REUSSIR, c'est du tout bon. N'est-ce pas qu'on fête notre anniversaire ? Bravo, chers amis !
Dossier coordonné par Baye D. WADE